La fin de CDD ouvre-t-elle droit au chômage ?

Oui, sans ambiguïté. La fin d'un contrat à durée déterminée (CDD) non suivi d'un renouvellement ou d'une proposition de CDI est assimilée à une perte involontaire d'emploi au sens de l'assurance chômage. Elle ouvre donc pleinement droit à l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE), dans les mêmes conditions et avec les mêmes montants que pour un licenciement.

La seule condition est d'avoir travaillé au moins 6 mois (182 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat. Pour les 53 ans et plus, la période de référence est portée à 36 mois. Les CDD successifs dans des entreprises différentes sont additionnés pour atteindre ce seuil minimal.

Le montant de votre ARE est calculé exactement de la même façon : 57 % de votre Salaire Journalier de Référence, avec un plancher de 32,13 €/jour en 2026. Utilisez notre simulateur de calcul ARE pour estimer votre allocation à partir de votre salaire brut moyen.

La prime de précarité : montant et conditions en 2026

La prime de précarité, officiellement appelée indemnité de fin de contrat, est une somme versée par l'employeur à la fin du CDD pour compenser la précarité inhérente à ce type de contrat. En 2026, son montant est fixé à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat.

Calcul de la prime de précarité

La formule est simple : Prime = 10 % × (salaires bruts + primes) perçus pendant toute la durée du CDD. Les heures supplémentaires et les primes exceptionnelles intègrent la base de calcul. Les remboursements de frais professionnels (notes de frais, indemnités kilométriques) en sont exclus.

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Exemple : vous avez effectué un CDD de 6 mois avec un salaire brut de 2 200 €/mois. Total brut sur 6 mois = 13 200 €. Prime de précarité = 13 200 × 10 % = 1 320 €. Elle est versée avec le dernier bulletin de salaire.

Exceptions : quand la prime n'est pas due

La prime de précarité n'est pas due dans les cas suivants :

Lorsque le CDD est conclu avec un étudiant pendant les vacances scolaires. Lorsque le CDD se termine par un CDI dans la même entreprise. En cas de faute grave ou lourde du salarié. Dans certains secteurs spécifiques régis par des conventions collectives prévoyant un taux réduit ou une prime différente (spectacle, agriculture...).

Depuis le 1er janvier 2024, la prime n'est également pas due si le salarié refuse un CDI proposé par l'employeur à l'issue de son CDD (voir section dédiée ci-dessous).

La nouvelle règle sur le refus de CDI (depuis 2024)

La loi du 18 décembre 2023 a introduit une règle importante qui modifie les droits en cas de refus de CDI à la fin d'un CDD. Elle est en vigueur depuis le 1er janvier 2024 et s'applique donc pleinement en 2026.

Le principe : refuser un CDI = perte des droits chômage

Si votre employeur vous propose un CDI à l'issue de votre CDD sur le même poste ou un poste similaire, et que vous refusez cette offre, vous perdez le droit à l'allocation chômage ARE. France Travail doit en être informé par l'employeur via une déclaration spécifique. Si vous refusez un CDI sans motif légitime, vous n'êtes pas considéré comme ayant subi une perte involontaire d'emploi.

Conditions de l'offre de CDI

Pour que le refus entraîne la perte des droits, le CDI proposé doit respecter certaines conditions : il doit concerner le même emploi ou un emploi similaire (poste comparable en termes de qualification et de rémunération), dans la même entreprise, à une rémunération au moins équivalente et avec un lieu de travail identique ou dans la même zone géographique. Si les conditions du CDI proposé sont significativement moins favorables que le CDD, vous pouvez le refuser sans perdre vos droits.

La règle des deux refus sur 12 mois

Si vous refusez deux offres de CDI sur une période de 12 mois consécutifs, vous perdez non seulement le droit à l'ARE mais également la prime de précarité. France Travail tient un décompte de vos refus sur la base des déclarations des employeurs.

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Si vous refusez un CDI et que vous estimez que les conditions proposées ne sont pas équivalentes à celles de votre CDD (poste différent, rémunération inférieure, lieu de travail éloigné), conservez une trace écrite du refus et des motifs. Vous pourrez contester la décision de France Travail si elle vous refuse l'ARE.

Fin de CDD : votre solde de tout compte

À la fin de votre CDD, votre employeur doit vous remettre un solde de tout compte comprenant plusieurs éléments :

ÉlémentMontant / RègleObligatoire ?
Dernier salaire au prorataJours travaillés dans le moisToujours
Indemnité compensatrice de congés payés10 % du total brut (si congés non pris)Toujours
Prime de précarité10 % du total brutSauf exceptions
Attestation employeur (pour France Travail)Document Cerfa obligatoireToujours
Certificat de travailDates et nature du contratToujours
Reçu pour solde de tout compteSignable avec réservesToujours
Vous pouvez signer le reçu pour solde de tout compte avec réserves si vous estimez que des sommes vous sont dues. La mention "sous réserves de mes droits" sur le document vous permet de contester ultérieurement le montant versé, dans un délai de 6 mois.

Les démarches à effectuer après une fin de CDD

1
S'inscrire à France Travail dès le lendemain
Inscrivez-vous sur francetravail.fr dès le lendemain de la fin de votre CDD. Cette inscription marque le début du décompte de vos droits. Chaque jour de retard à l'inscription est un jour de droits perdu. Munissez-vous de votre attestation employeur (fournie par l'employeur), votre pièce d'identité et votre RIB.
2
Vérifier la réception de votre attestation employeur
Votre employeur a l'obligation de vous remettre votre attestation employeur (Cerfa) le dernier jour du contrat ou par courrier. Sans ce document, France Travail ne peut pas traiter votre dossier. En cas de retard ou de refus de l'employeur, France Travail peut instruire votre dossier sur la base de vos bulletins de salaire.
3
Compléter votre dossier ARE en ligne
Dans votre espace France Travail, déposez votre dossier de demande d'ARE avec vos bulletins de salaire des 12 derniers mois, votre attestation employeur et votre RIB. France Travail traite votre dossier sous 4 semaines et vous adresse une notification de droits précisant le montant et la durée.
4
Actualiser chaque mois
Comme pour toute ARE, vous devez actualiser votre situation chaque mois entre le 28 et le 15 du mois suivant. Déclarez si vous avez travaillé, vos heures éventuelles, vos formations ou arrêts maladie. L'oubli entraîne la suspension du versement du mois suivant.
5
Signaler tout retour à l'emploi, même partiel
Si vous retrouvez un emploi (nouveau CDD, CDI, intérim, activité indépendante), signalez-le immédiatement lors de votre actualisation mensuelle. Le cumul ARE + revenus d'activité est possible dans certaines limites. Ne pas le déclarer constitue une fraude.

Cumul de CDD et droits chômage : les cas particuliers

CDD successifs dans la même entreprise

Si vous avez enchaîné plusieurs CDD dans la même entreprise, les périodes se cumulent pour atteindre le seuil des 6 mois de cotisation. Une interruption entre deux CDD dans la même entreprise ne remet pas le compteur à zéro, à condition que les contrats s'inscrivent dans une continuité logique.

CDD dans plusieurs entreprises différentes

Les périodes travaillées en CDD dans des entreprises différentes s'additionnent également pour le calcul de l'éligibilité à l'ARE. Si vous avez fait 3 mois dans une entreprise et 4 mois dans une autre au cours des 24 derniers mois, vous atteignez le seuil de 6 mois requis.

CDD et intérim

Les missions d'intérim sont assimilées à des CDD pour le calcul des droits chômage. Les périodes d'intérim et de CDD se cumulent pour atteindre le seuil de 6 mois. En revanche, l'intérimaire n'a pas droit à la prime de précarité (remplacée par la majoration de 10 % intégrée dans le salaire intérimaire).

Rupture anticipée d'un CDD

Si votre CDD est rompu avant son terme, les règles diffèrent selon le motif :

En cas de rupture à l'initiative de l'employeur (hors faute grave ou cas de force majeure), vous avez droit à l'ARE et à des dommages-intérêts équivalant aux salaires restant à courir jusqu'à la fin du contrat. En cas de rupture d'un commun accord, vous avez droit à l'ARE. En cas de faute grave du salarié, vous perdez le droit à l'indemnité de fin de contrat mais conservez le droit à l'ARE si vous remplissez les conditions d'affiliation.

Questions fréquentes sur la fin de CDD et le chômage 2026

Un seul CDD de 2 mois ne suffit pas à ouvrir des droits à l'ARE (il faut 6 mois sur 24). Cependant, si vous avez travaillé au cours des 22 mois précédant ce CDD (dans d'autres entreprises ou en intérim), ces périodes s'additionnent. Vérifiez votre relevé de carrière et vos bulletins de salaire des 2 dernières années. Si le total dépasse 6 mois (182 jours), vous êtes éligible à l'ARE.
Si votre employeur ne vous a pas versé la prime de précarité (et que vous y avez droit), adressez-lui d'abord une demande écrite par email ou courrier recommandé. En cas de non-réponse ou de refus, vous pouvez saisir l'Inspection du Travail ou le Conseil de Prud'hommes dans un délai de 3 ans à compter de la date à laquelle la prime aurait dû être versée. Le recours est gratuit devant les Prud'hommes.
Non, la loi encadre strictement le recours au CDD. Sauf exceptions (saisonniers, emplois de remplacement), un employeur ne peut pas renouveler un CDD sur le même poste plus de 2 fois, et la durée totale (CDD + renouvellements) ne peut excéder 18 mois dans la plupart des cas. Au-delà, le contrat peut être requalifié en CDI par le Conseil de Prud'hommes. Si vous avez enchainé des CDD abusifs dans la même entreprise, vous pouvez demander cette requalification et réclamer les indemnités de licenciement associées.
Oui, la prime de précarité est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales (CSG/CRDS). Elle est versée avec le dernier bulletin de salaire et figure sur votre déclaration annuelle de revenus. Elle n'est pas exonérée, contrairement à l'indemnité de licenciement. Cette somme doit donc être incluse dans vos revenus imposables de l'année de perception.
Oui, sous conditions. Si vous retrouvez un CDD (ou une mission d'intérim) pendant votre période d'indemnisation chômage, vous pouvez cumuler vos revenus d'activité avec une partie de votre ARE, dans la limite de 70 % de votre ancien salaire brut. France Travail déduit une fraction de vos nouveaux revenus de votre ARE. Chaque jour travaillé n'est pas consommé sur vos droits ARE, ce qui prolonge leur durée. Déclarez systématiquement votre activité lors de l'actualisation mensuelle.